Le Problème à Trois Corps, physique théorique de la Révolution Rouge.

C’est toujours le challenge de l’été Petit Buisson ! (parce que c’est toujours l’été, en fait).

Cette fois-ci on va parle du Problème à Trois Corps et sa suite La forêt Sombre de Liu Cixin (il n’était pas prévu que je lise le tome 2, je me suis peut être un peu emballée).

La trilogie du Problème à trois Corps fait partie du sous-genre de SF dit Hard science fiction à savoir une science fiction qui fait la part belle aux sciences dures, aux explications compliquées, aux formules mathématiques et aux considérations quantiques (oui, bon ça c’est pas sur). Autrement dit, à tout ce que je déteste en SF.

C’est à peu prêt à l’opposé de ce que peut faire Pierre Bordage et ça me gonfle très, très rapidement (comprendre : 2 pages). Parmi les représentant de la Hard SF on peu citer Arthur C. Clarke, Stephen Baxter, Greg Egan, Poul Anderson, Isaac Asimov jusqu’à un certain point.

Le titre du premier livre, et par extension de la trilogie, fait référence au Problème à N corps, équation de mécanique orbitale, dont voici la formule :

 m_j\ddot{\vec{q_j}} = -G \sum_{k\neq j }^{\rm{N}}  \frac{m_j m_k(\vec{q_j}-\vec{q_k})}{|\vec{q_j}-\vec{q_k}|^3}, j = 1, \ldots, \rm{N},

Fait ce que tu veux avec ça, moi je suis archéologue pas physicienne.

 

Liu Cixin (ça se prononce « Lieou Ts’eushin », fais un effort, ce n’est pas poli d’écorcher les noms des gens) situe l’action de son roman à deux époques : la révolution chinoise et  l’époque contemporaine. La physique joue un grand rôle dans le livre, elle sert à la fois, avec la révolution chinoise, d’élément caractérisant pour les personnages et de médium dans la compréhension de l’intrigue. En gros, c’est parce qu’ils sont physiciens que certains personnages agissent ou n’agissent pas et c’est la physique qui leur permet de comprendre ce qui ce joue autour d’eux, entre autre. L’omniprésence de la science est d’autant plus compréhensible que l’auteur est lui même physicien à Shanxi.

La révolution chinoise, ou révolution culturelle prolétarienne, sert de toile de fond au premier livre, même si quelques aller-retour avec l’époque contemporaine viennent compléter le récit. Et cette révolution est ce qui façonne l’héroïne du premier tome, ce qui la pousse à agir, ce qui lui donne ses convictions, ce qui lui fait perdre fois en l’Humanité. Le climat de la Chine post-révolutionnaire, la censure de toute production Occidentale (même scientifique), la remise en cause de principes jugés « bourgeois », le secret d’état et l’omniprésence du contrôle et de l’armée donne au récit un climat lourd mais sont aussi les moteurs du récit. Et à partir de là Petit Buisson ça devient compliqué de t’en dire plus sans spoiler et le spoil est la plaie de ce monde, avec les moustiques.

Cette série est magnifique. Le récit est extrêmement bien construit, il s’agit d’une sorte de narration « à l’américaine », avec une alternance de point de vue, qui tiens en halène jusqu’à la dernière page. La réflexion proposée par l’auteur sur les motivations individuelles des personnages et leurs résonance à l’échelle globale est très intéressante. L’inclusion de la science dans le récit, généralement prompte à me faire fuir en courant, ne le rend que plus dense, intéressant et poétique. Le livre est cependant très graphique. Il s’ouvre sur une description de combat entre faction rouges et contient pas mal de sang, de mort, de suicide, de référence à la torture et tout ce qui s’en suit, à ne pas mettre entre les mains de tout le monde donc.

Ce livre a réussi à me faire aimer la Hard SF et si ça c’est pas un bon argument, je ne sais pas quoi dire de plus.

 

Et c’est la fin de ce challenge Petit Buisson ! Je ne suis que tristesse, j’aurais aimer pouvoir aller jusqu’au bout mais je me suis fait complètement happer par ces deux derniers romans. Je pense lire au moins Stlaker d’ici la fin de l’année, ne serait-ce que pour voir ce que la littérature Russe produit, je t’en parlerais surement ici, tu commence à comprendre le principe.

A la rentrée Petit Buisson, on parlera BD ! Et comme je ne suis absolument pas quelqu’un de contradictoire, on parlera… BD de SF.

4 Kisses.